Nous sommes arrivés à Saint-Denis-lès-Bourg à la fin de l’été 1960 pour la rentrée des classes. J’étais nommé à l’école de garçons en remplacement de M. Borron, parti enseigner en 6e au lycée Lalande à Bourg-en-Bresse. Nous nous sommes installés dans le logement de l’école : le directeur, M. Valette habitait Bourg. Il venait chaque matin à Saint-Denis et prenait son repas de midi chez Louise Louvet, café restaurant boulangerie, au village.
Notre fils aîné allait au lycée : il avait, en 6e, M. Borron comme professeur de mathématiques et sciences naturelles. Notre second fils était au cours moyen chez M. Valette. Notre fille commençait sa scolarité chez Mme Chaffangeon.

J’avais des élèves de CE2 et de CM1. Parmi mes CE2, quelques-uns arrivaient de l’école de Vial : c’étaient ceux du « fond de Saint- Denis » comme on disait, pour lesquels le village était plus éloigné. Car à l’époque, il n’était pas courant d’amener les enfants en voiture à l’école : on venait à pied ou à bicyclette. Le garage à vélos de la cour de l’école était bien rempli.
Une école de filles de 3 classes avant la mixité
L’école de filles comptait trois classes. Mme Borron était la directrice, Mme Henry au milieu et Mme Chaffangeon accueillait les plus jeunes élèves, garçons ou filles, à partir de cinq ans. Ces trois classes fonctionnaient dans le bâtiment qui a été démoli en 2008.
À l’époque, dans bon nombre d’écoles rurales qui n’avaient pas d’école maternelle, l’accueil des élèves se faisait à cinq ans en section enfantine, le cours préparatoire commençant à six ans, ce qui n’a pas changé.
Mme Henry avait dans sa classe la totalité des CE1, garçons et filles, puis les garçons venaient dans ma classe. Mais ce n’était pas une répartition rigide : pour « égaliser » les effectifs, il m’est arrivé d’avoir quelques filles au CE2.
La population de la commune augmentait : une 3e classe fut créée à l’école de garçons ; elle s’est tenue quelque temps dans une salle de la mairie, en attendant la construction de deux classes préfabriquées dans le jardin de l’école. Je ne peux préciser la date de cette construction, ni celle de la création d’une école maternelle.
Mais je peux ajouter quelques mots sur la situation des élèves dans les deux classes des « grands » : Mme Borron et M. Valette.
Tous ne quittaient pas l’école à la fin du CM2, et restaient jusqu’à 14 ans, fin de l’obligation scolaire à cette époque : c’était la classe de fin d’études, sanctionnée par l’examen du « Certificat d’études primaires ».
En 1962, M. Valette a pris sa retraite et M. Vizié l’a remplacé et Mme Vizié a assuré la 3e classe de l’école de garçons.
Une école créée aux Vavres en 1972
En 1972, fut décidée la création de l’école des Vavres. On craignait alors une suppression de classe au village, auquel cas Mme Vizié devrait partir. J’ai demandé ce poste qui se créait.
La vie d’une école ne se réduisait pas à un rapport entre maîtres et élèves : d’autres personnes y participaient. J’aime évoquer le souvenir de M. Raymond Curt, le dévoué responsable de la cantine scolaire, présent presque chaque matin à l’école et qui, de temps en temps, faisait un brin de causette avec nous.
Et puis, le Sou des écoles : M. Bernard Josserand en était le président, M. René Colignon le trésorier. J’ai découvert, organisé par le Sou des écoles, ce qu’était un concours de belote : il avait lieu au début dans une salle de la mairie, et à l’école, on voyait aussi régulièrement M. et Mme Julien Nallet, chargés du ménage des classes, Mme(s) M. Murel et Foray qui préparaient l’approvisionnement des fourneaux des classes. De temps en temps, M. Dubois et Jandy venaient effectuer une petite réparation. Et puis, peu à peu, connaissance des parents d’élèves et de l’ensemble de la commune.
Dans ces années soixante, l’école vivait au contact d’un monde rural. Les fermes de M. M. Curt et Robin étaient encore en activité. Les épiceries de Mmes Dubois et Genton, la boulangerie et le café Louvet accueillaient la clientèle. L’automobile n’était pas encore la maîtresse des routes. Il est bon de rappeler ce passé.
André Bolliet instituteur à l'école primaire du village et premier directeur de l'école élémentaire des Vavres en 1972 devenue ensuite maternelle. Rédigé en 2009.

